Le ballon gastrique à avaler, comment ça marche ?

Le ballon gastrique à avaler, comment ça marche ?

JULIE MILLOT 14 JUIN 2014📷

En se gonflant dans l’estomac, une gélule baptisée Obalon permet de réduire le besoin en apport alimentaire et donc facilite la perte de poids. Le point avec le Dr Jean Michel Borys, nutritionniste spécialiste de l’obésité.

En quoi ce ballon gastrique est-il inédit ?

Elle ne l’est pas tout à fait, dans la mesure où, voilà vingt ans déjà, les médecins posaient déjà des ballons dans l’estomac des patients, par fibroscopie. Ce qui est nouveau, c’est la méthode mise au point par Obalon Therapeutics : désormais, plus besoin d’anesthésie générale. La gélule destinée à se transformer en ballon est simplement avalée par le patient, et une seule fibroscopie est nécessaire, au moment du retrait.

Quel en est le principe d’Obalon ?

Le petit ballon gonflable est contenu dans une capsule que le patient ingère. Une fois dans l’estomac, le ballon est gonflé grâce à un gaz. La procédure ne dure pas plus de 15 minutes. En occupant la poche gastrique, le ballon limite sa capacité, ce qui entraîne une satiété plus rapide. Et donc une perte de poids.

Dans quel cas cette méthode est-elle indiquée ?

Elle est à destination des adultes dont l’indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 27 : c’est le cas d’un homme de 1,80 m qui pèse plus de 87 kg ou d’une femme d’1,60 m qui pèse plus de 69 kg, soit des sujets pas obèses, mais en surpoids. Grâce à cette méthode, ils peuvent espérer perdre jusqu’à 8 kg.

Peut-on placer plusieurs ballons dans l’estomac  ?

Oui, on peut placer jusqu’à trois ballons. Le nombre varie en fonction de la perte de poids recherchée, et de la corpulence du patient. Dans tous les cas, le ou les ballons restent jusqu’à trois mois dans l’estomac. Après quoi ils sont percés grâce à un tube fin placé dans l’estomac et relié à une petite caméra, puis retirés par fibroscopie. Le tout en 5 minutes.

Pourquoi le ballon a-t-il une durée de vie limitée ?

Car le risque qu’il se dégonfle augmente considérablement avec le temps. Or, le ballon dégonflé migre dans l’intestin ce qui peut provoquer une occlusion intestinale potentiellement mortelle. Plus le ballon reste longtemps dans l’estomac, plus le risque de complications (occlusion intestinale, reflux gastro‑œsophagien, œsophagite, gastrite…) est élevé.

Quelles sont les contre-indications ?

Ce sont les maladies de l’œsophage et de l’estomac, ainsi que la grossesse. Par ailleurs, les patients qui portent un ballon ne doivent pas faire de plongée sous‑marine ou monter à de hautes altitudes : à cause de la pression, le ballon risquerait d’exploser.

Pourquoi cette méthode n’est-elle pas proposée en France ?

Pour des raisons administratives. Mais comme elle a été validée par l’Union européenne, elle devrait arriver très certainement dans les mois qui viennent.

Obalon peut-il révolutionner la prise en charge du surpoids ?

Non, car c’est une méthode bien trop temporaire pour être efficace. Pour moi, le jeu n’en vaut pas vraiment la chandelle. Car lorsque l’on enlève le ballon au bout de 3 mois, le poids perdu est vite repris.

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